dans la marge le site

Accueil du site U.P.H.G. Lecture et lecteur

Lecture et lecteur

Publié le mardi 7 décembre 2010

Lecture et lecteur

Petite sociologie subjective

De la lecture

 

Préambule : livres et lecteurs

La pratique de la lecture est une pratique sociale, professionnelle et scolaire. mais savoir lire, ne signifie pas être un lecteur au sens où je vais l’aborder ici. Je parlerai ici de lecture-loisir, lecture-passion, lecture-métier et même lecture-pensée-création.

Mon propos est articulé autour de quelques questions : Qu’est-ce que lire ? Qu’est-ce que la lecture ? Quels sont ses effets ? Lire est-ce penser ? est-ce créer ?

Je vous propose un parcours en trois temps, autour de quelques grands auteurs, pour définir la lecture et le lecteur, voir la place des livres dan sla littérature romanesque et comment on travaille en écriture autour des livres.

Tout lecteur est autodidacte. L’expertise professionnelle littéraire n’est pas ici la garantie et l’exclusivité. Pour justifier mon travail d’aujourd’hui je citerai un écrivain que je vais utiliser un peu plus bas, JL Borges :

" J’en parlerai avec la licence que me confère mon admiration ".

 

Livre et lecture : H.D. Thoreau

1815-1862

(JPG)
(JPG)

  L’Etang de Walden

  « Lire bien –c’est-à-dire lire des livres sincères dans un sincère esprit –constitue un noble exercice, et qui mettra le lecteur à l’épreuve mieux que nuls des exercices en honneur à ce jour. »

Extrait de « Walden ou la vie dans les bois »

"Les livres les plus intéressants sont ceux qui parlent à l’expérience la plus intime du plus grand nombre. Ils parlent non point à ceux qui ont fait les plus longs voyages à la surface du globe, mais à ceux qui ont vécu la vie la plus profonde en eux-mêmes. » Extrait du « Journal 1837-1861 »

 

Une approche actuelle : Charles Dantzig

(JPG)

  " Lecteurs : … Les lecteurs mettent souvent dans leur lecture ce qu’ils désirent y voir…

Si les lecteurs ont un défaut, c’est de ne pas se reconnaître de responsabilité…

Le lecteur n’est pas si extérieur au livre que, peut-être il le pense…"

Extrait du « Dictionnaire égoïste de la littérature française »

(GIF)

  «  Et, lecteur, dites-vous que, dans l’étrange animal que vous formez avec l’écrivain, vous êtes autant soupçonné que lui. De même que, comme el disait Stendhal, Racine est un assassin parce qu’il a écrit Phèdre, de même un lecteur est homosexuel parce qu’il lit Jean Genet  »

Extrait du « Dictionnaire égoïste de la littérature française »

  " Lecture :Ce qui distingue l’homme de la brute, c’est la lecture. Ce qui rend une brute insupportable, c’est quand elle a de la lecture.

Lectures (bonnes, mauvaises) : L’effet vertueux de la lecture

est à peu près aussi nul que l’effet vicieux.

Sans cela, depuis le temps qu’elle existe, l’humanité serait moins hideuse. "

Extrait du « Dictionnaire égoïste de la littérature française »

  Pour conclure sur les définitions : Rainer-Maria Rilke

1875 Prague _ 1926 Montreux

(JPG)

  «  Passez un moment dans ces livres, apprenez-y ce qui vous semble digne d’être appris par vous, mais surtout aimez-les. Cet amour vous sera rendu mille et mille fois, et quoi qu’il advienne de votre vie, Il pénètrera le tissu de votre avenir comme l’un des fils les plus importants de vos expériences, de vos déceptions et de vos joies.  »

Extrait de « Lettres à un jeune poète »

 

Les livres dans les livres

Comment les écrivains mettent-ils en scène les livres ?

  Cervantes et Don Quichotte Miguel de Cervantes

(1547-1616)

(JPG)

  Quand les romans rendent fous…

«  Enfin notre hidalgo s’acharna tellement à sa lecture que ses nuits se passaient en lisant du soir au matin, et ses jours, du matin au soir. Si bien qu’à force de dormir peu et de lire beaucoup,, il se dessécha le cerveau, de manière qu’il vint à perdre l’esprit.  »

Première partie –chapitre Ier

  Flaubert et Emma Bovary 1880-1821

(JPG)

  Quand les romans déforment le réel…

" Pendant six mois, à quinze ans,, Emma se graissa donc les mains à cette poussière des vieux cabinets de lecture. Avec Walter Scott, plus tard, elle s’éprit de choses historiques, rêva bahuts, salle des gardes et ménestrels. Elle aurait voulu vivre dans quelques vieux manoir, comme ces châtelaines au long corsage qui, sous le trèfle des ogives, passaient leurs jours, le coude sur la pierre et le menton dans la main, à regarder venir du fond de la campagne un cavalier à plume blanche qui galope sur un cheval noir… "

Extrait de « Madame Bovary »

  Stendhal et Julien Sorel

1783-1842

 

(JPG)

Quand les livres décident d’un destin…

" En passant, il regarda tristement le ruisseau où était tombé son livre : c’était celui de tous qu’il affectionnait le plus, le « Mémorial de Sainte- Hélène ». » "

Extrait de « Le rouge et le noir »

  Quand les livres ne peuvent rien face à la bêtise…

(JPG)

 

«  Bouvard, comme lui, rencontrait des obstacles. Ils se consultaient mutuellement, ouvraient un livre, passaient à un autre, puis ne savaient que résoudre devant la divergence des opinions…  »

Extrait de « Bouvard et Pécuchet »

(JPG)

 

Les livres sur les livres

Quand le livre devient la matière-même de l’écrivain

et de sa pensée.

  Le travail critique sur les livres des autres

L’exemple de George Steiner (né en 1929 )
 

(JPG)

Une pensée qui s’organise à partir des livres des autres

«  Tandis que la politique entrait dans cette phase de mensonge benoît qu’analyse Stendhal dans « Lucien Leuwen », la croissance économique et industrielle provoquée par les guerres napoléoniennes, ainsi que par al centralisation des nouvelles nations souveraines, se développait à l’infini.  »

Extrait de « Dans le château de Barbe- Bleue »

(JPG)

  " Tous ces courants d’insatisfaction, de libération illusoire, d’ironique défaite, s’inscrivent avec une précision sans égale dans les romans et la vie privée de Flaubert. *….+ A la lecture de ces seuls romans, on aurait dû soupçonner le vide qui sapait la stabilité européenne. "

Extrait de « Dans le château de Barbe- Bleue »

  La critique littéraire, un métier austère

L’exemple de Stephen Vizinczey

(né en 1933 en Hongrie)

(JPG)

  Un travail de « passeur de frontières »

" Seule une oeuvre de fiction peut dire la vérité sur les puissants. Comme l’écrivait Stendhal, reprenant les propos de son amie Mme Destuttde Tracy : on ne peut plus arriver à la vérité que dans un roman.

Aucun autre romancier n’est arrivé à la vérité en politique de façon aussi vivante et ironique… "

extrait de « »Lucien Leuwen », le chef d’oeuvre inachevé » in « Vérités et mensonges en littérature »

(JPG)

 

De la lecture à la création, en passant par la critique

Jorge Luis BORGES (1899-1986)

  Borges, Lecteur et Critique insatiable

(JPG)

« J ’en parlerai avec la licence que me confère mon admiration et avec cette vague intensité des voyageurs antiques décrivant une terre nouvelle confrontée à leur étonnement errant, dans des récits où le fabuleux s’alliait au vraisemblable et le cours de l’Amazone à la cité des césars.  »

Extrait de « OEuvres complètes volume I » Gallimard/pléiade.

  L’« Ulysse » de James Joyce

" J oyce peint une journée contemporaine et accumule dans son développement une variété d’épisodes qui sont l’équivalent, en esprit, de ceux que rapporte l’Odyssée. Il est millionnaire de vocables et de styles…. Joyce est audacieux comme une proue et universel comme la rose des vents. "

Extrait de « OEuvres complètes volume I » Gallimard/pléiade.

 

Le créateur qui invente des livres et des auteurs

« L’approche d’Almotasim », essai critique écrit en 1935

«  L’édition princeps de l’« Approche » parut à Bombay, vers la fin 1932. Le papier était à peu près du papier journal ; la couverture avertissait le lecteur qu’il s’agissait du premier roman policier écrit par un natif de Bombay. En peu de mois, le public épuisa quatre éditions de mille. La Bombay QuarterlyReview, la Bombay Gazette, la Calcutta Review, la HindustanReview(d’Allahabad) et le Calcutta Englishmandispensèrent son dithyrambe. Bahadurpublia alors une édition illustrée qu’il appela « The conversation withthe man calledAlmu’tasim », avec ce beau sous-titre : « A gamewithshiftingmirrors » (un jeu de miroirs en mouvement ») ".

Extrait de « Histoire de l’Eternité » 1936

  Et tout cela était faux !

«  L’Approche d’Almotasim », écrite en 1935, était à la fois un canular et un pseudo-essai.

Elle prétendait être la critique d’un livre publié pour la première fois à Bombay trois ans auparavant. J‘attribuai une imaginaire seconde édition à un véritable éditeur, Victor Gollancz, et sa préface à un écrivain réel, Dorothy I. Sayers. Mais le livre et l’auteur sont pure invention de ma part.  »

Extrait de « Histoire de l’Eternité » 1936

 

Pour conclure…. Lire est une affaire sérieuse

" La lecture est un acte grave qui isole, le geste même le montre : on ouvre un livre et on incline la tête entre deux barrières de pages imprimées –c’est important, symboliquement, de pencher la tête vers les choses de l’esprit…. Pourquoi le moindre effort deviendrait-il scandaleux dès qu’il s’agit de lecture et de littérature ? "

Charles Dantzig –La Vie décembre 201

 

Documents joints




repondre à l'articleimprimer l'article








Plan du site avec articles.
RSS 2.0

Mes autres sites :
 Bibliathèque
 Geographica
 Little Romania
 Musiques et Mots
 Le Blog à Jean-mi